Elles tiennent dans la paume de la main. Elles sont souvent en verre, en porcelaine, en jade ou même en cristal de roche. Mais ne vous fiez pas à leur taille : les tabatières chinoises – de petits flacons pour le tabac à priser – sont bien plus que de simples objets usuels. Dans la Chine de la dynastie Qing, ces petits flacons étaient un accessoire de mode, un symbole de statut, un cadeau et un objet d’art tout en un. Chaque flacon était une œuvre d’art miniature – fabriqué avec soin, précieusement conservé et aujourd'hui très recherché parmi les collectionneurs du monde entier.
Les tabatières chinoises, qu’est-ce que c’est ?
La première mention écrite des tabatières chinoises ou flacons à priser remonte à 1705. À cette époque, l'utilisation de tabac moulu et aromatisé (tabac à priser) était en plein essor. En effet, fumer était interdit à la cour impériale, mais le tabac à priser était autorisé – notamment comme pratique médicinale en cas de maux de tête, de rhume ou de fatigue.
Pour conserver le précieux tabac à priser, on fabriquait de petits flacons avec une ouverture étroite, un bouchon parfaitement ajusté et contenant une cuillère. Le contenu du flacon n’était pas le seul élément important. À l'instar des tabatières en Occident, les flacons eux-mêmes étaient des symboles de statut social. De véritables objets de luxe – plus ils étaient raffinés, plus ils conféraient de prestige à leur possesseur – qui étaient souvent offerts en cadeau. Ces flacons étaient souvent rangés dans une pochette et portés à la ceinture.
Des empereurs avec un faible pour le tabac à priser
Dans la longue procession d’empereurs chinois, deux ont particulièrement succombé au charme de ces petits flacons : l’empereur Kangxi (1662-1722) et son arrière-petit-fils Qianlong, également orthographié Kienglong (1736-1796). C’est grâce à eux que les tabatières chinoises sont devenues de véritables objets d’art.
Kangxi, féru de culture et doté d'un esprit pratique, a créé à Pékin des ateliers impériaux où les artistes se consacraient à la production de ces flacons. Ce qui n'était au départ qu'un objet d’usage courant s'est peu à peu élevé au rang de forme d'art. Les formes se sont multipliées, les motifs se sont faits plus audacieux, les matériaux plus luxueux – du verre monochrome au jade creusé à la main.
Vint ensuite Qianlong. Cet esthète, poète et collectionneur pur-sang a poussé la tabatière jusqu’à son apothéose artistique. Sous son règne, la technique et le raffinement ont atteint un niveau rarement égalé depuis. Chaque flacon devient un manifeste miniature du goût impérial, conçu pour impressionner, destiné à être admiré et choyé avec déférence.
Matériaux et techniques
Les tabatières chinoises étaient généralement de forme elliptique. Il en existait également de forme ronde, cylindrique, carrée, en cœur ou même représentant des fruits, mais elles étaient plus rares. Elles étaient fabriquées en divers matériaux :
- Verre – souvent monochrome ou gravé en plusieurs couches (verre camée), parfois avec une imitation de jade ou d'agate.
- Porcelaine – peinte en sous-émail bleu, Famille rose ou Famille verte.
- Jade, agate, cristal de roche – pierres semi-précieuses creusées et polies à la main.
- Matériau organique – ivoire, corne ou laque, par exemple.
Ce n'est qu'au 19e siècle que des techniques telles que la peinture à l'intérieur des flacons en verre, qui exige une précision extrême, sont élevées au rang d'art. Certains de ces flacons sont ornés de paysages miniatures, de calligraphies ou de scènes poétiques visibles uniquement à travers le verre.
Pourquoi les tabatières sont-elles tellement recherchées ?
La valeur des tabatières chinoises dépend de plusieurs facteurs :
- Matériau : les pierres rares ou les types de verre raffinés rehaussent la valeur.
- Savoir-faire : plus la technique est complexe, plus l’intérêt des collectionneurs grimpe.
- Période : les flacons du 18e siècle (Kangxi, Yongzheng ou Qianlong) sont généralement les plus prisés.
- Style et décoration : le symbolisme, les poèmes, les dragons ou les thèmes taoïstes séduisent les collectionneurs.
- Condition : un bouchon intact, une cuillère d'origine et un corps non abimé font la différence.
Aujourd'hui, les tabatières chinoises sont appréciées des collectionneurs à l’échelle internationale, surtout en Chine, mais aussi en Europe et aux États-Unis. Elles sont vendues aux enchères dans des maisons renommées et se retrouvent dans des musées partout dans le monde.
Vous avez des tabatières chinoises chez vous ?
Vous avez peut-être un petit flacon qui brille dans votre armoire ? Vous vous dites peut-être : « Oui, c’est joli mais ça n’a pas grande valeur ». Pourtant, il se pourrait que ce petit objet modeste soit une antiquité chinoise rare, avec une signification historique et une valeur marchande.
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